Un couple comme les autresAbd al Malik, 33 ans, et Wallen, 30 ans, c'est un couple comme les autres. Elle le regarde tendrement et pose la tête sur son épaule. Il ouvre la porte pendant son interview à elle et parle d'un coup de fil de la baby-sitter, d'un poulet à mettre à cuire. Oui, c'est un couple comme les autres. Qui partage beaucoup de choses. Il y a d'abord un fils, Mohammed, 7 ans, né d'un mariage « vieux » de neuf ans. Il y a aussi un questionnement intellectuel et spirituel commun qui les a poussés à embrasser le soufisme, un mouvement pacifiste et mystique de l'islam, et à suivre les préceptes d'un maître, Sidi Hamza, originaire du même petit village marocain que la famille de Wallen. Ensuite, il y a la musique. Chanteuse de r'n'b respectée dans son milieu, Wallen vient de sortir son troisième album, « Miséricorde ». Un disque original, des confidences touchantes sur des sons électro plutôt expérimentaux. Et Abd al Malik, prix Constantin et prix de l'Académie Charles-Cros 2006, une victoire de la musique pour « Gibraltar », son deuxième album solo vendu à 250 000 exemplaires, sort aujourd'hui « Dante », un troisième opus dont l'ample mélancolie, magnifiée par la musique de Gérard Jouannest, l'ex-pianiste de Brel, et les arrangements de cordes d'Alain Goraguer, qui travailla avec Gainsbourg, impressionne. Deux artistes ensemble, la discorde ou la panacée ? « Finalement, notre vie de couple n'est pas tellement dans la musique, explique Abd al Malik, et c'est important pour notr équilibre et celui de notre fils. On a plein d'autres centres d'intérêt : le cinéma, le théâtre, la littérature... » « On est très indépendants artistiquement, renchérit Wallen, on fait les choses chacun de notre côté, même si, pour une fois, je lui ai écrit un texte et j'ai chanté sur son album. »
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